lundi 22 janvier 2018

RobotCop: faire la police quand on est un robot, c'est pas si facile ... (video)

Rien ne va plus chez Knightscope, une société californienne qui fabrique des robots. En juillet dernier, Steve, la dernière version du robot policier de la firme, se suicide dans un bassin de Washington. Passé le comique – ou le tragique – de la situation, il faut s’armer de courage pour évacuer cette machine d’une hauteur de 1,5 mètre et pesant 136 kilos ! Censé détecter les crimes à l’aide d’une multitude de capteurs (caméra vidéo, microphone, capteurs thermiques et de qualité de l’air, radar...), le K5 collecte surtout une multitude d’informations sans aucun consentement et alerte éventuellement les autorités locales s’il détecte des signaux anormaux.

Et si certains constructeurs de la Silicon Valley rivalisent d’intelligence artificielle, Knightscope a peut-être surestimé son « RobotCop »… Il y a quelques jours, aux abords du parking dont il avait la garde, Steve s’est mis à harceler les sans-abri installés sur les trottoirs et à appeler les renforts tous azimuts. Renversé et recouvert de sauce barbecue : c’est ainsi que les policiers ont finalement retrouvé leur « homologue » électronique. Le robot a vite été remplacé par un modèle un peu moins zélé…

article de ScienceActualités


dimanche 21 janvier 2018

Lire un document ancien sans l'ouvrir ? C'est maintenant possible ...

Les documents anciens sont parfois si fragiles qu’ils ne peuvent être ouverts pour être lus. C’est le cas de documents précieux déposés aux archives nationales de Venise. Dans le cadre du projet Venice Time Machine, des physiciens du laboratoire de magnétisme quantique de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ont eu l’idée d’utiliser une technique non invasive pour les étudier : la tomographie à rayons X.

Cette technique peut scanner un livre entier couche par couche, sans qu’on ait besoin de l’ouvrir. De surcroît, les rayons X ne traversent pas les encres à base de fer autrefois utilisées en Europe : ils agissent donc comme un révélateur permettant de déchiffrer les écrits. Les derniers vœux d’une riche Vénitienne ont ainsi pu être dévoilés sans rompre le sceau de cire de son testament qui date de 1351.

Avant de réaliser cette prouesse, l'équipe de physiciens a affiné sa technique de balayage en utilisant un livre scientifique datant du XVIIe siècle, beaucoup moins fragile, pouvant être ouvert et parcouru sans peine. Cela a permis de vérifier la pertinence des données obtenues grâce à la tomographie à rayons X.

Selon les chercheurs, l’emploi de cette technologie dans le cadre des archives vénitiennes apportera un nouvel éclairage sur des pans entiers de l’histoire européenne, grâce à la découverte de documents inaccessibles jusqu’alors.

article de ScienceActualités

vendredi 19 janvier 2018

Aliapur, et les pneus usagés reprennent du service

Quel est le point commun entre une piste d’athlétisme, un mur anti-éboulement et une digue de protection contre la montée des eaux ? Ce sont trois exemples de débouchés pour le recyclage des dizaines de millions de pneumatiques de véhicules qui sont remplacés ou arrivent en fin de vie, chaque année en France.

Aliapur a été créé en 2004 par les principaux fabriquants ou importateurs de pneumatiques en France[1] pour répondre à leur obligation légale de prendre en charge le recyclage des pneumatiques qu'ils mettent sur le marché, quand ceux-ci arrivent en fin de vie. Pour x pneus mis sur le marché une année donnée, le même nombre de pneus en fin de vie doit être traité l'année suivante. Aliapur intervient dans les différentes étapes de la filière de recyclage et a pour mission de trouver une seconde vie à ces pneus usagés.

Il existe trois voies de recyclage. La première, pour 18 % des pneus usagés, est la réutilisation. 15% des pneus de poids lourds peuvent resservir après remplacement de leur bande de roulement, opération qu'on appelle le rechapage. Les pneus de véhicules de tourisme sont triés et environ 18% d'entre eux jugés en bon état peuvent être revendus sur le marché de l'occasion.

La valorisation matière, qui concerne 44% des pneus usagés, sépare les trois éléments constitutifs du pneu – le caoutchouc, l'acier et le textile, pour leur réutilisation ou recyclage.

La valorisation énergétique enfin – qui concerne actuellement 38% des pneus usagés – consiste à utiliser des pneus entiers ou broyés en remplacement du charbon dans des cimenteries. Une tonne de pneu équivaut à une tonne de charbon avec 30 % d’émissions de CO2 en moins, c'est donc une source d'énergie de proximité qui évite l'extraction et le transport sur longue distance d'une énergie fossile.

Cette voie de valorisation devrait se développer comme le montre l’exemple des pays nordiques, par exemple dans les unités de chauffage urbain ou de chaufferie industrielle.

L'acier est envoyé en aciéries pour être réutilisé. Le caoutchouc réduit en granulats peut servir à fabriquer les sous-couches amortissantes des terrains de sport en gazon synthétique, des pistes d'athlétisme ou encore des terrains de jeux pour enfants. Environ 150 tonnes de granulats sont consommés pour un gazon synthétique. Des pneus entiers peuvent également servir dans le secteur des travaux publics, pour édifier des murs anti-éboulements dans les régions de montagne, ou encore des digues de protection contre la montée des eaux. Le secteur du BTP offre des débouchés intéressants, par exemple pour des enrobés bitumineux incorporant du pneumatique usagé réduit en poudre, ce qui procure des qualités nouvelles d’atténuation des bruits de roulement au revêtement routier.




mercredi 17 janvier 2018

Le principe d'équivalence, l'espace-temps et le satellite Microscope

Au début du XVIIe siècle, Galilée avait déjà fait ce constat : si on lâche deux boules de masses différentes, elles touchent le sol en même temps. Un résultat contre-intuitif que la physique newtonienne explique par le sacro-saint « principe d’équivalence » : plus un objet est lourd, plus il sera sensible à la gravitation ; mais plus il mettra du temps à prendre de la vitesse en raison de son inertie. Pour les objets légers, c’est le contraire, et au bout du compte, tous les objets soumis à un même champ gravitationnel sont amenés à toucher le sol en même temps.

Albert Einstein explique le phénomène autrement. À travers la relativité générale, il avance que c’est une déformation de l’espace-temps qui fait chuter tous les objets à la même vitesse. Mais ce principe d’équivalence est-il réel ? Deux objets tombent-ils vraiment à la même vitesse ou existe-t-il une infime différence que nous n’aurions pas encore réussi à mesurer.

Lancé en avril 2016, le satellite européen Microscope a été conçu pour répondre à cette question. Cet engin transporte deux cylindres de masse différente, l’un en platine, l’autre en titane doré. Il suffit donc de les faire tomber pour tester le principe d’équivalence. Et ça tombe bien, être en orbite, c’est équivalent à tomber éternellement. Depuis plus d’un an et demi, les deux cylindres sont donc en chute libre et aucun décalage n’a pas pu être mesuré malgré la précision inégalée du dispositif.

Les premiers résultats semblent donc confirmer le principe d’équivalence, confortant par la même occasion la loi de la relativité générale d’Einstein. Mais pour valider pleinement cette expérience, Microscope continuera à récolter des données jusqu’en mars 2018. 

article de ScienceActualités