jeudi 22 juin 2017

Pollution actuelle à l'ozone: qui fait quoi ?

Des niveaux élevés de concentration d’ozone sont constatés depuis le début de la semaine dans plusieurs régions de France : Île-de-France, Grand-Est, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Normandie, Centre-Val de Loire, Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes. En raison de la persistance du phénomène, des mesures sont prises localement par les préfets pour faire baisser les niveaux d’émissions polluantes et protéger la santé des personnes les plus exposées.

Qu’est-ce qu’un épisode de pollution à l’ozone ?

Lorsque la France connaît une période de forte chaleur caractérisée par un fort ensoleillement et une grande stabilité atmosphérique, la production d’ozone est favorisée. L’ozone est formé à partir de réactions chimiques entre les oxydes d’azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV), sous l’effet du soleil. Comme il n’est pas émis directement dans l’air, on dit qu’il s’agit d’un polluant secondaire.

Quel est l’impact de la pollution à l’ozone sur la santé et l’environnement ?

L’ozone a un impact important sur la santé : il peut pénétrer profondément dans l’appareil respiratoire et provoquer une réaction inflammatoire bronchique au niveau cellulaire, d’où une toux sèche et une gêne respiratoire. Des effets cardiovasculaires sont également constatés. L’augmentation des niveaux d’ozone est corrélée à une augmentation des hospitalisations et à des décès prématurés.

Qui décide des mesures à mettre en œuvre pour diminuer la pollution ?

En cas d’épisode de pollution, il faut prioritairement réduire les émissions d’oxydes d’azote, émis principalement par les véhicules automobiles et les émissions de composés organiques volatils, qui proviennent de l'industrie, des usages domestiques et des transports. Le préfet a la compétence pour informer la population et pour prendre les mesures d’urgence appropriées. On distingue deux seuils :


  • le seuil d’information et de recommandation (180 µg/m3 en moyenne horaire pour l’ozone) correspond au niveau à partir duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé des populations sensibles (femmes enceintes, personnes âgées, personnes ayant des malades respiratoires…). Si ce seuil est dépassé, le préfet émet des recommandations pour réduire les émissions ;


  • le seuil d’alerte (240 µg/m3 en moyenne horaire pour l’ozone) correspond au niveau au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé de l’ensemble de la population ou de dégradation de l’environnement. Si ce seuil est dépassé, ou si le seuil d’information et de recommandation est dépassé de manière persistante, le préfet peut, après avis d’un comité d’experts puis d'un comité d’élus, prendre des mesures d’urgence contraignantes pour réduire les émissions.

Les mesures prises face au pic de pollution

À Paris
Le 20 juin 2017, le seuil d’information et de recommandation a été dépassé deux jours consécutifs. La préfecture, après avoir réuni un comité d’experts, puis un comité d’élus, a pris mardi 20 juin et mercredi 21 juin les mesures suivantes :

  • réduire la vitesse de 20 km/h sur l’ensemble du réseau routier d’Île-de-France (hors agglomération) ;


  • contourner l’agglomération parisienne par la Francilienne pour les véhicules de plus de 3,5 T en transit ;


  • réduire et/ou adapter les procédés de fonctionnement pour toutes les industries fortement émettrices de COV : imprimeries, industrie automobile, raffinage, chimie, etc.


À partir du jeudi 22 juin de 5 h 30 à minuit :

mise en place de la circulation différenciée à l’intérieur du périmètre délimité par l’A86 (hors autoroute). Les véhicules non classés et de classes 4 et 5 Crit’Air sont interdits de circuler. Cette interdiction, qui concerne 28 % des véhicules immatriculés en petite couronne et 12 % des véhicules circulant dans la zone intra A 86, permet de réduire de 32 % la part d’oxydes d’azote émise provenant du trafic dans la zone intra A 86. Seuls les véhicules des classes 0 à 3 Crit’Air pourront se déplacer dans ce périmètre.

En accompagnement, la Mairie de Paris reconduira les mesures de gratuité des services Velib’ et du stationnement résidentiel et, sous certaines conditions, Autolib’.

Le STIF, quant à lui, mettra en place un « forfait journalier anti-pollution » de 3,80 € sur cette journée, permettant d’emprunter les moyens de transports en commun dans toute l’Île-de-France.

Dans les autres régions

Le seuil d’information-recommandation est également dépassé les régions Hauts-de-France, Grand-Est, Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur. Des mesures sont progressivement mises en œuvre par les préfectures.

source: ministère écolo


samedi 17 juin 2017

Les vents, spécialité du satellite européen AEOLUS

Les satellites météorologiques observent les nuages et leurs mouvements. Ils détectent également une foule d’autres informations utiles aux prévisions météorologiques, dans toutes leurs dimensions: terrestres, aéronautiques, marines etc.

La détection des « profils » de vents à l’échelle globale de la planète est par contre plus délicate. On dispose bien de quelques mesures ponctuelles, notamment grâce aux ballons-sondes, mais cela reste limité.

C’est ce défi que le satellite ADM-Aeolus, de l’Agence spatiale européenne (ESA) va relever. Dès l’année prochaine, et pendant trois ans, il va étudier les vents et leurs profils (leur intensité et leur direction) dans une couche atmosphérique s’élevant jusqu’à 30 kilomètres au-dessus de la surface de notre planète. De quoi améliorer notamment la qualité des prévisions météorologiques.

L’instrument de base d’Aeolus s’appelle ALADIN (Atmospheric Lidar Doppler Instrument). Il s’agit d’un ensemble de trois lasers travaillant dans l’ultraviolet, d’un télescope de 1,5 m de diamètre et de récepteurs très sensibles.

ALADIN est un Lidar Doppler. Ce système laser émet de courtes et puissantes impulsions de rayons ultraviolets dans l’atmosphère, toutes les 20 millisecondes. Le télescope collecte la lumière qui est réfléchie par les molécules de gaz, les particules de poussière et les gouttes d’eau rencontrées sur cette trajectoire. Le récepteur analyse le déplacement Doppler du signal réfléchi et en dérive des informations sur la vitesse du vent à différentes altitudes sous le satellite.
Les données sont ensuite traitées et envoyées à divers bureaux météorologiques pour être utilisées dans les prévisions météorologiques et les modèles numériques.


source: Daily Science